Cortil-Wodon : Ferme de Harsée




Avec la collaboration de HISTOIRE et histoires Cortil-Hambraine-Wodon

1. Architecture (cfr. “ Patrimoine monumental de la Belgique ”, op. cit., pp. 129-131).

Ensemble semi-clôturé en brique, pierre bleue et grès dont les bâtiments reconstruits au XVIIIe siècle encadrent une cour rectangulaire, dotée d’un puits.

Au nord-est, pilastres d’entrée du XIXe siècle et mur de clôture en grès partiellement refait en brique, où s’adossaient des dépendances.

Au sud-est, beau corps de logis en brique et pierre bleue sur base de calcaire appareillé, daté au-dessus de l’entrée par la pierre au blason Louis XV portant l’inscription “ Dame Ange / Rosart abbesse / de Salzinnes 1760 ” et par les ancres du bel étage. Construction trapue cantonnée de chaînages harpés et comprenant un niveau au-dessus du rez-de-chaussée-cave accessible de la cour par deux portes à linteau droit et queues de pierre entre deux fenêtres à linteau semblable, de part et d’autre du perron à double volée. Dans l’axe, privée de sa traverse, porte classique à listel dont le linteau bombé est souligné d’une corniche moulurée. De chaque côté, fenêtre bombée gardant la tradition croisée.

À l’arrière, niveau de plain-pied éclairé par deux fenêtres à traverse de part et d’autre d’une porte échancrée à traverse droite. Petis-bois, barreaux et volets. Frises dentelées sur denticules avec consoles d’angle en cavet. Pignons à épis réunis par une bâtière d’éternit à croupettes et coyau. Caves surbaissées sur doubleaux, cernées au sud-est et sud-ouest d’un curieux passage couvert d’une voussette de brique, conçu probablement pour garantir la bâtisse de l’humidité, prolongé sous l’annexe droite pour faire retour sous une partie des étables.

En face, grange en long du 1er tiers du XVIIIe siècle, en grès et pierre bleue sur base de calcaire, dont le pignon sur cour est tronqué. Portails en plein cintre harpés, aux claveaux saillants alternés pour le portail inférieur. Sur le long côté, porte à linteau droit et piedroits harpés, sous arc de décharge en brique et trois fenêtres sur montants à queues de pierre. À droite, réfection en brique et pignon extérieur à épis et oculi peut-être postérieur. Harpes d’angle et bâtière en éternit ondulé. Porcheries contre le pignon sur cour.

Bloquant le côté sud-ouest de la cour, étables probablement construites en deux temps. Partie droite en brique et pierre bleue sur base de grès, sans doute contemporaine de la grange et percée de trois portes à linteau droit sur piedroits à queues de pierre. Fenêtres à linteau droit et autres percements postérieurs. Dans le même volume à droite, mais peut-être quelque peu postérieur, passage vers l’extérieur, avec portail en plein cintre harpé. Remaniements aux XIXe et XXe siècles.

Partie gauche des étables sans doute contemporaine du logis, dont le rez-de-chaussée en grès s’ouvre par une porte à linteau droit et queues de pierre entre deux petites baies. Fenil à l’étage. Voussettes de brique à l’intérieur. Bâtière de tuiles mécaniques à coyau. Réfections dans le mur extérieur.


2. Histoire.

En 1239 déjà, la grange d’Harsée est la propriété des religieuses de l’abbaye de Salzinnes. Lors d’une restauration de cette même ferme, en 1760, le cahier des charges stipule qu’elles en sont toujours propriétaires. Elles le resteront probablement encore pendant près de 40 ans.

Après la victoire des Français à Fleurus et notre retour sous leur domination, ils prirent la décision de "nationaliser" les biens ecclésiastiques. C’est ainsi que la vente des biens nationaux, la mit aux mains de Charles Blondeau, ancien religieux de l’abbaye de Boneffe.

Mais celui-ci n’est qu’un prête-nom car, dès le 4 janvier 1798, elle est revendue à Jérôme Carbonel, directeur des domaines nationaux à Namur. Elle comprend à ce moment quelques cent hectares. En 1814, il la cède au comte Syeyès.

En 1824 au plus tard, ce dernier l’a revendue au comte de Borchgrave, qui habite à Brumagne.

En 1852, elle passe par succession et vente, à un dénommé Delvigne, de Warem(me). A sa mort, elle revient à Marie-Christine Cranchant, veuve de Jean-Joseph Delvigne. Rien ne permet d’affirmer que ces deux Delvigne ne sont qu’une et même personne.

Par succession, elle aboutit en 1881 au comte Charles de Villers, mais est finalement vendue en 1886 à Charles de Hemptinne, industriel à Gand.

Sa fille, Francisca, dite Fanny, rentière à Oostacher, en héritera et conservera le bien dans la famille jusqu’en 1927, au moins.

3. Commentaire.

Cette ferme est sans doute le plus ancien bâtiment de Cortil-Wodon.

Les bâtiments encadrant la cour au nord et nord-ouest ont été malheureusement démolis, gâchant ainsi irrémédiablement toute la valeur architecturale de la ferme.