Bierwart : Ferme-Château


Architecture
Vaste quadrilatère fortifié et encore partiellement entouré de ses douves, il s’agit d’une construction en briques et pierre bleue sur base calcaire. Ces bâtiments furent élevés vers 1700 dans un style traditionnel et partiellement rebâtis et agrandis au XIXes.
Au nord, précédée d’une drève de marronniers, s’élève une tour-porche d’esprit baroque, cantonnée de chaînages alternés.


La tour- porche cantonée de chaînages alternés : les angles sont garnis d'une amature destinée à empêcher l'écroulement des murs.


Elle était jadis défendue par un pont-levis. Il existe encore la feuillure pour le rabat du tablier et les glissières actuellement bouchées. Sa face sud a été remaniée au XIXes, excepté la fenêtre à croisée au premier étage. La toiture d’ardoise est surmontée d’une tourette de vigie.
A l’ouest s’étend le grand logis primitif à double corps et deux niveaux, éclairé par sept travées de fenêtres à croisée ou traverse. La porte axiale est d’origine sauf le linteau, sur piédroits chanfreinés et décorés de congés. A gauche, contre le pignon, remise à voitures du XVIIIes , modifiée au Xxes.


Le logis primitif aux sept travées de fenêtres Fenêtre à croisée Fenêtre à traverse Grange en long :
la porte d'accès
se trouve dans le pignon

Entre ce logis et le porche, autre corps d’habitation construit au XIXes dans le même style. En 1903, adjonction d’une annexe semblable au nord.
Au sud, grange en long d’origine.
Aux angles sud-ouest et sud-est, tours percées d’arquebusières. Dans l’angle nord-est, on trouve des traces de remaniements dans la maçonnerie qui sont les traces probables d’une tour semblable.
Contre le porche, dont le mur extérieur est d’origine. Vers la cour, façade reconstruite au XIXes, intégrée à l’ensemble, comme les étables est et sud.



Historique
Vers l’an 1200, le manoir de Bierwart et sa cour foncière appartenait au Comte de Namur. Il l’avait concédé à la famille d’Atrive. Mais Clarembaut d’Atrive fut dépossédé de ce bien, pour cause de félonie, par Henri l’Aveugle vers le milieu du XIIes.
Le fief fut alors attribué à l’abbaye cistercienne de Salzinnes qui l’organisa en grange. Une bulle papale de 1234 place celle-ci sous la protection de la papauté.
Pour une raison inconnue, le comte reprit possession du fief et l’engagea, en 1362, à Thierry de Haneffe, sire de Seraing-le-Château. Jeanne de Haneffe, sa fille, épouse de Gérard d’Enghien, recueillit l’héritage et le transmit après eux, à Henri de Hun (1420).
Après Henri, il passa successivement à Bureau de Hun (1466), Henri II de Hun(1493), Josse de Hun (1498), Jean de Hun (1523) et Catherine de Hun (1557).
Celle-ci, par son mariage avec Henri d’Eve, transmit la propriété à la famille de ce dernier qui la légua à son neveu, Henri de Lamal en 1560. Agnès de Mérode, sa seconde épouse, garda le seigneurie après la mort de son époux en 1626. Leur fille, Dorothé de Hamal, épouse du marquis de Strozzi, après avoir reçu en dot la seigneurie d'Otreppe, hérita en 1665 de celle de Bierwart. Mais criblée de dettes, elle fut contrainte par le Souverain baillage de Namur de vendre sa propriété.
Pontian d’Harscamp l’acquit le 1er mars 1674. Lui succéda Charles de Paule d’Harscamp. Au décès de celui-ci, lui succédèrent ses quatre fils, Henri, Charles-Antoine, Charles-Joseph, tous trois morts à la guerre et enfin Pontian II. Celui-ci légua, par dispositions testamentaires du 1er mai 1787, sa propriété au marquis de Croix, de Franc-Warêt qui la passa au comte de Bryas, son gendre. Il resta dans cette famille jusqu’en 1922. Monsieur Jadoul, de Thynes, l’acquit cette année-là, mais la revendit dès l’année suivante à Monsieur Dedyn. Les héritiers de ce dernier la vendirent en 1973 à Monsieur Marcel Henry, son actuel propriétaire.

Avec la collaboration de Serge Chasseur.