Nicolas Doucet


Et, après le sabbat, Nicolas se retrouva au lit en bonne compagnie. Par la suite, il prit l’habitude d’aller danser deux fois par semaine avec sa petite amie : tantôt sous le noyer de son jardin, tantôt sur le « tiège de Gory » à Pontillas, et parfois aussi sur le « tiège » Quentine. Il a pu remarquer qu’on dansait dos contre dos et que l’assemblée était éclairée par une lumière fixée sur un morceau de fois, à côté du bouc infernal. Il précise en outre, qu’au cours de ses ébats nocturnes, il chantait : « Houppe, de par Fort-en-grand-dangier ! »
A la suggestion de sa mère, le garnement a ensorcelé Jean Le Capitaine qui l’avait rudoyé. Il a également maléficié son cousin qui lui avait promis un chien et ne tenait pas sa parole. Jacques Dabioul, au château de Boneffe, perdit la vie « à cause qu’il proffictoit et se comportoit sy bien en mesnaige »… Nicolas ajoute enfin qu’en présence de sa mère et de Damide Jamart, leur voisine, il a mis du poison dans l’étable d’Alexis Jamoton.
La cour décide aussitôt d’envoyer le prisonnier sur les lieux du crime où l’on découvre effectivement le poison « entortillé dedans de la toille et papier bleu, en de poulsière noire » (106) .
Interrogé sur ses complices, Nicolas Doucet dénonce en plus de Damide Jamart, un jeune porcher de Boneffe, Jehenne Jamollet que l’on avait oublié de faire griller en 1607, Catherine Bernard, trop tôt relâchée, Gertrude Le Vieux Was et Catherine Gaigny pour qui les ennuis vont commencer.

(106) Même fait que chez Jean Colau.