Les préparatifs de défense



Les divisions allemandes commandées par le Général von Gallwitz, Commandant le corps de réserve de la Garde, attaquèrent Namur en arrivant par les deux voies d’accès.
L’une, très vieille, la route de Hannut ou “Royal Chemin”, d’altitude à peu près constante servait, à l’époque pré-romaine, à relier la voie de Bavai à Tongres au site de Namur.
L’autre, date du XVIIIe siècle: c’est la chaussée de Namur, à Louvain.
Mais pour atteindre la ville, il fallait d’abord réduire le fort de Marchovelette au silence.

Laissons parler M.A. Jacquemart, de Gelbressée, ancien rescapé de cette défense héroïque :
Dès le 2 août, nous dit-il, nous fûmes occupés à des travaux de défense : abattage des arbres, creusement des tranchées, pose des fils barbelés autour de l’ouvrage. Cela dura jusqu’au 19.

Le 20, à l’appel du matin, le lieutenant Caussin nous lit les ordres et nous encourage : “Les forts de Liège, s’écrie-t-il, sont bombardés avec des 28 et des 32, mais résistent !”.

Peu après, je suis envoyé avec d’autres camarades sous le commandement de l’adjudant Dewindt au lieu-dit “Le Bosquet” pour abattre des pommiers. L’attaque des avant-postes nous oblige à abandonner le travail et nous regagnons le fort. Je vais à la coupole de 15. Un calme plus ou moins relatif s’établit bientôt. De nos banquettes de tir, nous observons; avec une certaine imprudence, la bataille qui se déroule aux abords de Franc-Warêt. Vers 16 h 30’, la coupole de 15 est mise en action. La chaleur est tellement forte à l’intérieur de l’abri que nous sommes remplacés après 20 coups de canons. Je suis bientôt envoyé à la coupole 5/7 du saillant III et j’y reste jusqu’à minuit. A minuit 30’, étant donné le grand nombre de projectiles tirés avant l’attaque proprement dite du fort, et craignant de gaspiller, ses munitions, le commandant Duchâteau, ne recevant plus de renseignements ni d’ordres, fait cesser le feu. Je profite de cette accalmie, pour me reposer.