La déportation



La nuit, je suis conduit avec d’autres camarades à l'église de Noville-les-Bois. Le lundi, les indemnes et les moins atteints sont dirigés sur Huy. Quelques chariots servent au transport des invalides. Le soir, des Allemands arrogants et méchants nous entassent dans des wagons à bestiaux où, pendant trois jours et trois nuits, nous resterons debout pour arriver, enfin, à Munster-Lager. Là, pendant des mois, nous vivons dans une extrême misère. Un prêtre louvaniste dit au commandant: “Je suis depuis dix-sept ans aumônier de prison, en Belgique; le plus grand criminel a été mieux traité chez nous que nous l’avons été ici”.