Forville : Ferme du château de Seron


Architecture
Ferme clôturée en briques et pierre bleue. Au sud, porche sur haut soubassement en brique, à chanfrein (pierres taillées en biseau) de pierre, percé d’une arquebusière de part et d’autre du portail cintré sur montants harpés.
Bâtière d’ardoises à coyau et croupes. Girouette. A droite, tour carrée de deux niveaux, percée de deux petites baies rectangulaires et d’arquebusières. Harpes d’angles et même corniche sous pavillon d’ardoises à coyau.
En face, volume abritant logis et dépendances à gauche, daté en façade de “ 16.. ”. Deux niveaux sur haut soubassement chanfreiné en calcaire appareillé. Harpes d’angles, corniche de pierre en quart-de-rond sur corbeaux cubiques et bâtières d’ardoises à coyau.






Arquebusière

Harpes d'angle

Porte cintrée
sur montants
à queue de
pierre

Corniche de pierre en
quart-de-rond*
sur corbeaux* cubiques

* quart-de-rond : moulure dont le profil est proche du quart de cercle
* corbeau : pièce de bois encastrée dans la maçonnerie et mise en saillie pour supporter une corniche

Au XIXes, importants remaniements dans les percements. Surhaussement vers l’arrière lors de la construction d’une nouvelle façade au XIXes.
Au sud, étables ( photo) du XVIIes avec au rez-de-chaussée en moellons et étage en brique. Portes cintrées sur montants à queues de pierre et petites baies rectangulaires.



Les étables



Historique
La ferme était dénommée “ Maison du Comte ”.
Liée au château, elle eut les mêmes propriétaires que celui-ci jusqu’à ces dernières années. Le premier connu est Eustache de Seron dont la remarquable pierre tombale, la plus ancienne de la région, se trouve dans un appentis au fond de la chapelle de Seron. Lui succèdent, en 1381, son fils Libert de Seron, puis son petit-fils, Eustache de Seron. C’est Robert de Seron qui est cité en 1469, comme établissant une rente en faveur des abbés de Malonne.
Leur succèdent Gilles de Cerf, cité en 1501, puis son fils Jean de Cerf qui décéda en 1557.
Celui-ci désigna comme héritier, Jean de Hey, échevin de Huy et de Wanze, maire de Tihange. Des contestations s’élevèrent entre ce dernier et le veuf de la sœur de Jean le Cerf, au nom de leur fils Henri de Lonchin.
Ce fut finalement celui-ci qui prit possession de l’héritage. Sa sœur, Josine de Lonchin, épouse de Art Nollens, échevin et submayeur de la Souveraine Justice de la Cité et Pays de Liège, lui succéda en 1594. Jean Nollens, leur fils médecin, puis Marie Nollens, leur fille , en héritèrent. Celle-ci avait épousé en secondes noces Jean de Hemricourt. Cette famille allait garder la propriété jusqu’à la fin de l’Ancien Régime.
Ce fut d’abord Richard I de Hemricourt, époux de Marie-Elisabeth Royer de Bovegnistier qui en fut propriétaire. Il réédifia le château et ses dépendances, en fort mauvais état.


Le blason des Hemricourt

Puis ce furent successivement, en 1677, leur fils Richard II de Hemricourt, en 1713, leur petit-fils Claude de Hemricourt qui en héritèrent. Après des contestations avec son frère, celui-ci légua la propriété à son neveu Conrad de Hemricourt. Le fils de Conrad, Claude Florent en prit possession vers 1754. Il passa un arrangement avec son frère Denis-Barthold en 1675, attribuant à ce dernier la propriété de Seron. Celui-ci décéda en 1793. Son fils Barthold-Denis en hérita. A sa mort en 1812, le bien entra dans le famille Libioulle (Dieudonné avait épousé la sœur de Barthold-Denis). Ce furent successivement leurs deux fils, Félix, juge de paix à Eghezée, puis Walther, président du tribunal de Charleroi, puis les enfants de ce dernier Armand Libioulle, sénateur socialiste, et Blanche qui décéda en 1941.
Après plusieurs changements de propriétaires, elle appartient actuellement à Monsieur et Madame Mortier.

Avec la collaboration de Serge Chasseur.