Village de Forville



Avec son étymologie de "Foris villa, hors du domaine", Forville évoque son ancienne appartenance au vieux "ban de MEEFFE" enclave liégeoise dans le comté de Namur et dont la cour de haute justice et seigneurie hautaine avait son siège au château de Seron-Forville (Maison du Comte, ci-dessous). Et l'influence du Prince-Evêque de Liège perdura jusqu'au-délà de la création du diocèse de Namur (1561). Altitude moyenne : 175 m. - Les Forvillois. (1.208 hectares).

CURIOSITES - MONUMENTS - SITES - VISITES

A deux pas de la grand-route Bruxelles-Huy (N. 643), église Saint-Lambert, sur une petite butte au milieu de son cimetière : jolie tour aux chaînages harpés et flèche octogonale. Grande dalle funéraire intérieure de Richard de Hemricourt rappelant précisément les seigneurs de Seron du ban de Meeffe.

 
La vaste ferme en brique et pierre bleue, située à même la grand-route, face au dépôt des autobus, avec son beau portail surbaissé et harpé, rappelle encore que Forville, ancienne commune essentiellement agricole comptait au début du XXe s. près de 300 exploitations d'au moins 10 ha et 3 grandes de 100 ha environ.

 
L'importante "Maison du Comte" du "ban de Meeffe" dépendait jadis de la principauté de Liège. Admirable manoir traditionnel, typique de la Renaissance mosane, parmi celles rencontrées en Hesbaye de ce style, édifiées par d'habiles notables de la région au XVIIe s. et celle-ci par Richard de Hemricourt de Ramioul. Tour ronde fortifiée au nord percée d'arquebuses, et à l'avant, très jolie façade en brique et pierre bleue avec son harmonieuse galerie toscane au triple portail en anse de panier, curieux mélange gothico-renaissance du plus bel effet et pas ses deux rangées de fenêtres reliées de cordons de pierre.

 


 
Magnifique ferme voisine clôturée.

 
A 500 m de la Maison du Comte, la grosse chapelle néoclassique Saint-Laurent sur la place de la Chapelle, qui contient (reléguée dans le clocher) la plus ancienne pierre tombale de la région (1381), celle d'Ystasse de Seron et de son épouse : témoignage presque unique de chevalier du Moyen Age, en style gothique rayonnant.
Vierge romane (voir plus bas)

 
A l'entrée nord de Seron, vers MEEFFE, les trois petits tumuli, dits "tombes de Seron"  rappelant le voisinage de l'ancienne chaussée romaine : curieux alignement de petites buttes de près de 6 m de haut sur environ 25 m de diamètre dont deux d'entre elles se joignent par la base. Fouillées en 1854, leur mobilier - cruchon en verre, urne en poterie grise... - est entreposé au Musée archéologique de Namur, le plus riche de Belgique en ce domaine.
D'opulentes fermes de jadis, de l'époque des grands notables hesbignons, en même temps que se perpétuait le fameux "siècle de malheurs" : Thiribut  125 ha), jadis "converserie" du Val Saint- Lambert..


 
...et Séréssia, grand quadrilatère chaulé du XVIIIe s., dans les vastes campagnes à l'est.



Extrait du Bulletin communal de Fernelmont (novembre 2007) :

Une Vierge romane à Seron


Une Vierge romane de grande valeur était, jusqu’il y a peu, abritée dans l’église Saint-Laurent de Seron (Forville). Retrouvée par hasard il y a une trentaine d’années par le chanoine de l’époque dans une annexe de l’église, alors qu’elle allait servir de bois de chauffage, elle avait été réinstallée dans la nef de l’église à l’époque.

Il y a peu, la Fabrique d’église, emmenée par le dynamique et infatigable Eugène Noiset, demande une expertise de la statue à l’IRPA, l’Institut Royal du Patrimoine Artistique. L’expertise est sans équivoque : la statue est de grande valeur et en excellent état malgré son grand âge (elle date du XIIès) et son matériau relativement vulnérable (du bois : poirier et chêne).

Mais il y a un important travail de restauration à faire : les couleurs sont écaillées, les contours sont ébréchés et cela représente un coût énorme (25.000,00 euros). Se pose aussi la question de la protection de cette oeuvre d’art que convoitent les voleurs, et de sa conservation dans des conditions optimales d’hygrométrie, de luminosité, de qualité de l’air, etc…
Contact est alors pris avec le Musée des Arts anciens du Namurois pour proposer à son conservateur d’héberger la statue, une fois que la restauration sera terminée (mais elle reste propriété de l’église). Elle sera ainsi en sécurité, dans de bonnes conditions de conservation et le plus grand nombre pourra l’admirer (un ostensoir de l’église de Seron est déjà exposé dans ce musée). La seule condition à ce dépôt étant qu’une copie de la statue soit réalisée pour l’église de Seron.
Le conservateur du Musée des Arts anciens du Namurois pense en effet que cette Sedes Sapientae (Vierge en majesté) a été sculptée par un artisan de la région spécifiquement pour une chapelle de Seron et qu’elle est là depuis 800 ans.

La Fondation Roi Baudoin a entre-temps marqué son accord pour financer la restauration de la statue.

La copie a été réalisée en tilleul et en bouleau. Pour le moment, elle n’est pas colorée car les analyses sont toujours en cours à l’IRPA pour déterminer quelles étaient les couleurs d’origine, qui au fil du temps, ont été recouvertes par 4 couches de peinture (rappelons que toutes les couleurs, tant pour la peinture que pour la teinture, étaient obtenues à l’époque exclusivement à l’aide de substances naturelles et que certaines recettes de fabrication de couleurs n’existent plus).

La copie a donc été inaugurée le 7 octobre dans la chapelle de Seron en présence de nombreuses personnes, dont Monsieur Jean-Claude Nihoul, bourgmestre, qui a prononcé quelques mots à cette occasion, et des principaux instigateurs de ce sauvetage : Monsieur Eugène Noiset, trésorier de la Fabrique d’église de Seron, Monsieur l’Abbé Bruno Robberechts, Monsieur Jacques Toussaint, conservateur du Musée des Arts anciens du Namurois, Madame Dominique Dustin, conservateur-restauratrice à l’IRPA, Madame Maïté Pacco, présidente de la Société archéologique de Namur et la famille de Monsieur Patriarche, le sculpteur qui a réalisé la reproduction de la Sedes sapientae.


CELEBRITES

- L'historien Léopold GENICOT, professeur à l'U.C.L., est né à Forville (1914) : a écrit de nombreux livres sur l'histoire médiévale de la Wallonie et en particulier du Namurois ( décédé en 1995).