Château de Fernelmont

Exceptionnel donjon-porche du XIIIes


 http://www.chateaudefernelmont.be

46 rue des Combattants à Noville-les-Bois

VISITE GUIDEE DU DONJON MEDIEVAL – CHÂTEAU DE FERNELMONT

A deux pas de Noville-les-Bois, au cœur des paisibles campagnes fernelmontoises, se dresse le château de Fernelmont et son donjon porche du XIIIe siècle.
Tous les dimanches (de début juin à fin octobre), un guide vous accueille pour la visite du donjon et la découverte de son  histoire.
Venez découvrir ou redécouvrir ce patrimoine exceptionnel à deux pas de chez vous !

ATTENTION ! suite à d'importants travaux au château, les visites ne reprendront normalement qu'à partir de début juillet 2017. Vérifiez au numéro suivant les heures d'ouverture  : 081/81.25.39

Ø  Le dimanche, de 14 h 00 à 17 h 30
Ø  Tarif d’entrée individuelle : 5 € par adulte, 3 € par enfant de 12 à 16 ans,
gratuit pour les enfants de moins de 12 ans
Ø  Tarif de groupe (15 personnes) : 4 € par adulte, 3 € par enfant de 12 à 16 ans,  2 € pour les enfants de moins de 12 ans

Réservation pour une visite de groupe :

André DELSEMME - 081/81.25.39. ou andre.delsemme@gmail.com

Visites de groupe possibles tous les dimanches du début juin à la fin octobre.
Pour les visites en semaine, merci de réserver par téléphone ou par courriel. 
 



Le château de Fernelmont fait partie du Patrimoine majeur de Wallonie.

Godescalc de Fernelmont (ou Godesalc de Noville sur d'autres documents), sur lequel on ne possède aucun renseignement, a créé Fernelmont peu avant 1269 avec l'aide de quelques manants. Le site a tout d'abord été défriché (Fernelmont signifie Mont des Frênes) , ils ont ensuite cherché à s'installer au milieu de l'exploitation agricole (la basse-cour)
Ils s'installent sur une plate-forme constituée par une île dans un étang d'une cinquantaine d'ares, alimenté par le Petit Houyoux.
C'est sur cette plate-forme qu'ils érigent leur basse-cour constituée de petites maisons en terre et en bois. Ils l'entourent d'une palissade faite de pieux et de bois et bouclent le périmètre par la mise en oeuvre, vers 1300, du donjon-porche.

Le donjon-porche


C'est à la fois une maison forte et une habitation de prestige.

Une maison forte
C'est en quelque sorte le verrou de cette ferme ou basse-cour. Elle doit empêcher toute approche indésirable par la mise en place de toute une série de moyens de défense.

- Le pont-levis : d'une longueur de 2,50m environ, il se rabattait contre la porte d'entrée par un système de cables ou de cordes : le relevage était facilité par deux poulies en bois fixées sur cette porte.

- La porte d'entrée : épaisse et cloutée pour émousser les lames des haches.

- Le sol de la galerie est constitué sur toute sa longueur, de planches amovibles recouvrant un fossé rempli d'eau

- L'assommoir : placé au centre de la voûte en berceau, permet de lancer, à partir du premier étage, des projectiles ou de frapper les indésirables avec un gourdin.

- La porte intérieure : devait permettre de refermer la galerie à la manière d'un sas. Elle était calée par un gros madrier qui prenait place dans les excavations creusées dans le mur de part et d'autre.

- L'accès au donjon : se fait uniquement par une porte située au premier étage de l'édifice. La pénétration dans l'habitation se faisait donc grâce à des échelles mobiles appuyées sur un palier d'une longueur de 2,20m, que l'on pouvait, à la manière d'un pont-levis, rabattre sur la porte d'entrée.

En cas d'alerte, tout le monde rentrait dans le donjon. Les derniers rentrés mettaient les moyens de défense en place : remonter le pont-levis, fermer la porte, enlever tout le plancher de la galerie, fermer la deuxième porte, la caler avec le madrier, grimper sur les échelles, relever le palier mobile, fermer la porte d'entrée et la caler, elle aussi avec un madrier, se poster près de l'assomoir et attendre.

Quelques moyens de défense :

 

Le plancher amovible
La porte cloutée
Les encoches pour recevoir les madriers

 
Une maison de prestige
Les deux pièces ( 26 m2 chacune) qui constituent cette demeure sont à la fois modernes, confortables et fonctionnelles.
La pièce du premier étage était la cuisine. L'élément important est la cheminée : assez imposante, elle servait pour la cuisson, le chauffage et l'éclairage. Juste à sa gauche, une niche trilobée renferme l'évier-lavabo où les aliments étaient préparés avant leur cuisson.

Au deuxième étage , l 'exiguité des lieux n'autorisant pas la présence de beaucoup de meubles (une table et quelques sièges), le constructeur creusa les murs pour y faire des armoires. Celles-ci, placées assez fonctionnellement, étaient dotées de planches de séparation et d'une porte refermant l'ensemble.


Banquette

L'épaisseur des murs permet d'y installer des banquettes (gain de place et de lumière). Il pousse même le luxe jusqu'à doter une de ces banquettes d'une minuscule armoire destinée à recueillir de menus objets servant à la couture ou à la broderie.

Il pense à l'isolation en dotant les fenêtres (minuscules pour empêcher le froid et les projectiles de rentrer) de châssis renfermant du verre à vitres, du parchemin translucide ou de la toile huilée, de volets en bois et en plaçant les deux pièces métalliques situées de part et d'autre de l'ouverture et qui étaient destinées à recevoir l'armature soutenant les tentures ou les tapisseries.

L'hygiène n'est pas oubliée grâce à la réalisation d'un coin toilettes dont la discrétion était assurée par une porte. L'évacuation du WC, qui passait par un conduit interne, aboutissait à l'étang. Deux armoires murales (dont l'une pour une chandelle) et une meurtrière assurent l'éclairage et l'aération.


Le luxe et le prestige sont traduits par la pose au sol de petits carreaux de terre cuite vernissés disposés suivant des motifs géométriques remarquables et surprenants.

La stabilité de l'ensemble est assurée par l'emploi de pierres taillées sur mesure, évitant l'emploi de mortier trop friable.


La partie en briques
Vue d'ensemble du site

La partie en brique du château a été construite en plusieurs phases au XVIes( aile est, murs intérieurs) et XVIIes ( construction d'une galerie d'inspiration toscane). Le château acquiert, dès la deuxième phase, sa vocation résidentielle. La basse-cour est repoussée vers l'extérieur.
On ne connaît pas l'affectation exacte de toutes les pièces du château, néanmoins on y retrouve une cuisine bien équipée. L'eau courante y fut amenée dès le XVIIIes grâce à un système de tuyaux en plomb. L'eau était captée à la source située à environ 400m au sud du château.
La salle d'armes est quant à elle pavée de petits moellons de grès placés sur chant, et a un caractère exceptionnel.
Les murs de la chapelle étaient ornés de fresques, dont certains fragments sont encore visibles.


Le château de Fernelmont est classé en totalité, les remises à chariots, logis, dépendances et deux pavillons d'angles formantl'aile sud (façades et toitures); le porche d'entrée à l'ouest; le porche vers l'étang arrière et l'enceinte ouest, rue des Combattants 47, sont classés comme monuments. Les alentours sont classés comme site.

GLOSSAIRE.
Alleu.- Terre de pleine propriété, affranchie de toute redevance, mais soumise à la justice du prince.
Fief.- Domaine concédé à titre de tenure par le seigneur à son vassal, à charge de certains services et redevances.
Relief.- Droit payé par les vassaux à leur suzerain lorsqu'ils prenaient possession de leur fief.
Fideïcommis.- Disposition testamentaire par laquelle une personne dispose d'un bien à des conditions prescrites.
Maire.- Président de la cour de justice.
Echevin.- Adjoint du maire.
Bourgmestre.- Sous l'ancien régime, représentant des manants, chargé de rassembler la dîme.
Verge grande.- A Liège: 4 ares 3589
A Namur: 4 ares 7288
Verge petite.- 1/20ème de grande verge.
Bonnier.- 20 verges grandes, soit à Liége, 87 ares 18, à Namur 94 ares 57. Charrue.- ce que l'on pouvait cultiver avec un seul soc, soit environ trente bonniers.

Cette description est un résumé de l'article que José LIBOIS a publié dans le livre intitulé :
"Les châteaux de Fernelmont" publié par le Syndicat d'initiative asbl, en 1992.