Hemptinne : Ferme du Sanglier

Architecture
Vaste quadrilatère longtemps à l'abandon et entièrement restauré depuis environ quinze ans. Autour d'une cour rectangulaire se groupent des batiments reconstruits en brique des XVIIIè et XIXès.

Côté nord, daté par ancres de 1764, s'élève un porche colombier qui ouvre vers la cour. De part et d'autres de celle-ci s'étendent des étables avec portes à linteau droit sur jambages à queue de pierre. A gauche, se trouve un portail surbaissé à claveaux saillants.
En face de l'entrée se trouve un long corps de logis néo-classique du début du XIXès. Il comporte deux niveaux de soubassement de calcaire, scandés de neuf travées de fenêtre à linteau droit. La porte axiale est à listels, surmonté d'un oculus mouluré dans un panneau de pierre bleue. La façade arrière est dans le même style.
A l'est, étables du début du XIXès construites avec des matéraux de remploi.
Fermant la cour à l'ouest s'élève une importante grange en large de la fin du XIXès dont le volume et la construction rappellent le XVIIIès : portails harpés en arc surbaissé, chaînages d'angles réguliers, corniche de pierre en cavet, pignon à occuli de pierre bleue et bâtière d'ardoises à croupettes et coyau. A l'intérieur, murs de refend creusés de grands arcs en tiers-point.



La façade arrièreDétail du colombierGrands arcs dans la grange

Historique
N'étant pas de nature féodale, il est difficile d'établir dans un passé lointain la succession de ses propriétaires. Dans un registre de la cure de Meeffe, conservé aux archives de l'Etat à Huy on peut voir, en 1614, que Jean le Sanglier doit trois muids sur une "colonia cum suis appendicis" situé à Hemptinne. C'est probablement lui qui donna son nom à la ferme. Cependant en 1642, les orphelins de Jean le Sanglier le jeune vendent une terre leur appartenant au curé, terre prise hors de la cense de feu Jean le Sanglier le vieux. Il y eut donc deux Jean le Sanglier qui se succédèrent à la fin du XVIès et au début du XVIIès.
En 1643, Melchior de Coux est cité comme propriétaire. Ses fils, Jean et Pierre lui succèdent en 1654. Pierre, nommé mayeur vers 1666 décéda peu de temps après. En 1676, ce sont Jean Godfrin et Melchior de Coux (son beau-fils et son fils?) qui acquittent solidairement la rente due à la cure de Meffe.
En 1702, un certain Daniel Michotte fut ressaisi de la cense et il acquitte la rente pour les quatre années précédentes. lui-même ou ses représentants agiront de même jusqu'en 1719.


Vue sur l'accacia remarquable et la potale.
De 1722 à 1728, nous la trouvons tenue par Pascal Godfrinon et de 1729 à 1734 par Daniel Godfrinon. Il s'agit probablement des descendants de Jean Godfrin qui avaient apuré la dette de leur aïeul viv-à-vis de la famille Michotte. De 1732 à 1737, Daniel Godfrinon eut un grand procès au sujet de la ferme, devant le Grand Conseil de Malines, contre Melchior-Bernard Decoux. Ce dernier l'emporta en 1737 et devin propriétaire de la cense. Celle-ci resta dans cette famille jusqu'à la moitié du XIXès. En 1797, elle appartenait à Gabriel de Coux, homme de loi, demeurant rue du Lombard à Bruxelles. Vers 1813 elle fut vendue à Jean-Baptiste Dandoy, ses descendants la vendirent à Fernand Dupont.
Propriété depuis 1976 de Benoit Cardon de Lichtbuer.

Avec la collaboration de Serge Chasseur.